vendredi 29 juin 2012

Procès Kerviel : la défense plaide la relaxe

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La Société Générale aurait couvert les positions de Jérôme Kerviel et l'aurait ensuite utilisé comme fusible pour masquer ses pertes dues aux "subprimes", les crédits hypothécaires américains à l'origine d'une crise financière mondiale en 2008. Ainsi, la banque l'aurait laissé perdre, couvrant ses pertes au sein d'un "desk occulte", dans l'idée de lui imputer les pertes qu'elle prévoyait sur les "subprimes", produits financiers liés aux crédits immobiliers américains à risque.

Mais l'enquęte n'a détecté aucun complot ourdi contre le trader, théorie qualifiée de "gigantesque mensonge" par des cadres de la banque, d'ultime "joker" par le parquet général. "Revenant sur la personnalité de l'ancien trader, élément-clé de cette affaire selon l'avocat général, le conseil a livré le portrait de "son Kerviel", "celui qui joue sa peau dans ce procès". Ainsi les faits reprochés à Jérôme Kerviel, sont des faits qualifiés en droit d'"abus de confiance", "faux et usage et faux" et "introduction frauduleuse de données" dans le système informatique de la banque, infractions amplement constituées selon l'accusation, pas du tout selon la défense.

Ses avocats ont donc contesté le portrait de "pervers manipulateur" brossé la veille par l'accusation et l'ont dépeint en homme "normal". "Le doute doit profiter à Jérôme Kerviel, il doit emporter la relaxe", a déclaré dans sa plaidoirie Julien Dami Le Coz, collaborateur de David Koubbi, principal avocat de l'ancien trader de la Société Générale poursuivi pour une perte de 4,9 milliards d'euros début 2008. Julien Dami Le Coz a qualifié ensuite de "monstre juridique" la notion d'ordre public économique international évoquée en première instance par le tribunal pour infliger trois ans de prison ferme à l'ex-trader.

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