vendredi 29 juin 2012

Robert Sabatier, l'auteur des "Allumettes suédoises", nous a quitté

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Robert Sabatier, doyen de l'Académie Goncourt est décédé hier, jeudi 28 juin 2012 à l'âge de 88 ans.

Après un engagement dans la Résistance, dont il se souviendra pour raconter l'arrivée d'Olivier chez les FFI d'Auvergne, il pilote "la Cassette", une revue de poésie qui publie Paul Eluard et René Guy Cadou dans l'immédiate après-guerre. Il travaille aux Presses Universitaires de France dès 1950, puis publie en 1953 un premier roman, intitulé "Alain et le nègre", qui se trouve salué par "Les lettres françaises" d'Aragon comme "le premier roman français antiraciste". Il reçoit les encouragement de Camus et enchaîne avec des romans mêlant réalisme et merveilleux, comme "le Marchand de sable" (1954), "le Goût de la cendre" (1955), "Boulevard" (1956) qui sera adapté au cinéma par Julien Duvivier en 1960, "Canard au sang" (1958) ou encore "la Sainte farce" (1960).

Agé de 88 ans, il n’était pas exactement "né à la fin du IXe siècle", comme il se plaisait à le dire pour payer sa dette à la "Cantilène de sainte Eulalie": sans l’apparition du "plus ancien monument de la langue romane", disait-il encore, il n’aurait en effet sans doute pas "dédié à la poésie quarante années de sa vie pour écrire neuf volumes de l’"Histoire de la poésie française".

L’auteur des "Allumettes suédoises", ce passionné de poésie, ce bon vivant qui s'était battu à la fin des années 1980 pour faire classer le Fouquet’s quand une galerie marchande menaçait de prendre sa place, cet éternel orphelin des lettres françaises, fut accepté à la table de l’Académie Goncourt, 4e couvert. Un autre membre de l’académie, Tahar Ben Jelloun a déploré la perte d’un " homme d'une grande culture et d'une grande discrétion, doté d'une grande présence, subtile et jamais véhément ".

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