jeudi 2 août 2012

PPDA : Son premier film, "Mon frère Yves"

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En adaptant pour la télévision une oeuvre de Pierre Loti, "Mon frère Yves", l'ex-présentateur du 20 heures de TF1 signe un premier film singulier et délicat sur la fraternité. Retour sur une aventure qui en annonce d'autres pour Patrick Poivre d'Arvor.

À bien y réfléchir, il n'y a rien d'illogique au fait que Patrick Poivre d'Arvor soit passé à la réalisation. Travailler en équipe, manager des gens, il connaît, notamment pour l'avoir fait pendant plus de vingt ans aux commandes du JT de 20 heures de TF1. Quant a la mise en scène, il s'y est essayé avec succès en 2010 en adaptant Carmen, le chef-d'oeuvre de Bizet. Ce dernier exercice l'a convaincu de sauter le pas, et de réaliser une fiction.

Pour Patrick Poivre d'Anor, choisir un ouvrage de Pierre Loti (1850-1923) n'est pas fortuit. Une grande partie de l'oeuvre souvent autobiographique de l'écrivain breton s'inspire de ses voyages marins. Et l'on connaît l'amour du célèbre journaliste pour la mer et la Bretagne... S'il n'a pas choisi d'adapter Pêcheur d'Islande, roman le plus connu de Pierre Loti, c'est que celui-ci avait déjà été adapté au cinema et à la télévision. Mon frère Yves, moins connu du grand public, raconte l'histoire d'une amitié protectrice entre le narrateur et un jeune marin. "C'est une histoire universelle dans la mesure où elle raconte une rédemption... Comment un jeune homme qui démarre avec les pires handicaps - alcoolisme et famille décimée - va-t-il pouvoir s'en sortir ? Grâce à une amitié ambiguë et à l'éducation... J'ai trouvé cela magnifique !"

Pour interpréter cet homme blessé par la vie qu'est le marin Yves Kermadec, PPDA a choisi Thierry Fremont, "un acteur exceptionnel, une Rolls". Pour jouer l'officier de marine Julien Viaud (vrai nom de Pierre Loti), l'homme qui 1'aimera comme un frère et peut-être plus et qui entreprendra son éducation, il a misé avec justesse sur Jérôme Kircher "un acteur raffiné". A propos de leur réalisateur, les deux comédiens ne tarissent pas non plus d'éloges. Pour eux : "ll est très exigeant, il ne mâche pas ses mots. Il ne s'est pas gêné pour nous recadrer, , nous amener vers autre chose, mais tout le temps avec délicatesse car il a beaucoup de respect pour son entourage. C'était un plaisir de travailler avec lui". Si l'action se passe à Brest, ce sont les villes de Saint-Malo et de Dinan qui ont servi de décor au film. "Ces deux villes m'ont permis de reconstituer la Bretagne des années 1880", explique Patrick Poivre d'Arvor qui a tenu à engager pour les seconds rôles et la figuration des Bretons "pur jus" et souhaite que la langue bretonne de l'époque, "une tradition orale", soit mise en avant.

Fort de cette nouvelle expérience de metteur en scène, PPDA a le projet de porter à l'écran un autre roman, J'ai tant rêvé de toi, qu'il a coécrit en 2009 avec son frère Olivier. Quant à la question de savoir s'il succédera à Elizabeth Tchoungui pour présenter le magazine culturel de France 2 à la rentrée, il répond : "Je suis flatte que l'on pense à moi, que l'on n'oublie pas que j 'ai présenté pendant vingt ans une emission culturelle (Ex-Libris) mais non, ce n 'est pas prévu, je n ai pas envie de me sentir accroché à quelque chose de trop récurrent". Quatre ans après son départ de TF1, le journaliste que l'on reverra cet été sur France 5 aux commandes d'Une maison, un écrivain, affiche une belle sérénité. Très heureux de sa vie d'aujourd'hui, il assure non sans humour : "J'en suis presque à remercier ceux qui m 'ont viré... Enfin, presque" !

Vidéo : Bande annonce de "Mon frère Yves", réalisé par Patrick Poivre d'Arvor, avec Thierry Frémont et Jérôme Kircher